
VENDREDI 5 SEPTEMBRE 2008, 17h45. Julie Donnaz est éliminée de la finale du Partouche Poker Tour à la 97è place. A sa table, les joueurs poussent un ouf de soulagement. « Il faut bien que la chance s'arrête à un moment » souffle, à moitié moqueur, l'une des victimes du jour de la jeune joueuse.
Julie Sourit. D'ailleurs elle sourit tout le temps. « Comment peut-on faire la gueule dans un endroit pareil ? » s'offusque, amusée, l'héroïne du Partouche Poker Tour. Son élimination ? « Si on m'avait dit que j'irai aussi loin dans le tournoi, je me serais fendu la poire ». Un éclat de rire. Encore.
Il était une fois une jeune femme de 31 ans qui n'entendait rien au poker. « Ah ça c'est pas vrai ! » s'emporte l'outragée. Explications : « Pour le réveillon, des amis ont acheté une mallette de jetons et des cartes. On a joué toute la nuit et j'ai tout de suite adoré ce jeu. Bon, j'ai pas gagné mais j'ai adoré ! ». Dont acte.
« Un petit coup de pouce du destin »
Passés des débuts difficiles, Julie s'intéresse de plus près à ce drôle de tournoi dont les qualifications se déroulent près de chez elle. « Il y avait des affiches du Partouche Poker Tour un peu partout dans la ville. On s'inscrit pour 125€ et on peut gagner jusqu'à 1 million. Le rêve ! ».
C'est décidé. Julie va tenter sa chance. « Je suis arrivé un soir au Casino le Pharaon à Lyon. J'ai payé ma place, je me suis assise et j'ai battu tous ces mecs qui passent leur vie aux tables de cash-game » rigole l'intéressée. Un peu de chance Julie ? « Je mentirais si je disais que je n'ai pas eu de chance. Mais de toutes façons, dans un tournoi à dix joueurs où les blinds augmentent très rapidement, il est inutile d'espérer s'en sortir sans un petit coup de pouce du destin ».
C'est encore le destin qui va permettre à Julie Donnaz de poursuivre son rêve. Direction Forges-les-Eaux pour le Super Satellite qualificatif pour la grande finale de Cannes. Une étape que Julie aborde avec l'absence totale de sérénité inhérente aux débutants. « Franchement, j'y suis allée perdante. Comment pouvais-je espérer me qualifier en face de tous ces joueurs bien plus rodés que moi ».
« On ne me prenait pas au sérieux : tant mieux ! »
« Quatrième, j'ai fini quatrième, vous vous rendez-compte » ? Et ce n'est qu'un début. « J'arrive à Cannes et je n'en crois pas mes yeux. Ce casino rempli de tous ces joueurs qu'on ne voit qu'à la télé ! Et je vais jouer contre eux ! Le voilà mon rêve, je suis en plein dedans ! »
La finale de Partouche Poker Tour est le troisième tournoi auquel participe Julie Donnaz. « Trois tournois dans toute ma vie et je me retrouve à la même table que Fabrice Soulier, Chris Ferguson et Scotty N'Guyen. Dans ces conditions, pas facile de rester concentrer ». Pas facile non plus pour ses adversaires, déroutés par le jeu de la débutante.
« Les joueurs ne me prenaient pas au sérieux. Il ne pouvait rien m'arriver de mieux. J'ai joué à la conne pendant tout le tournoi et j'en ai rendu fou plus d'un » se souvient-elle, hilare.Du côté de ses victimes, le constat est unanime : « cette fille joue n'importe comment mais elle a une chance incroyable ».
Cannes : Un souvenir inoubliable
Encore de la chance ? « Je le confesse aujourd'hui : les cartes ont souvent été de mon côté et sur de nombreux coups, j'ai un peu fait n'importe quoi ». Allons Julie, pas de fausse modestie. « Mais bon, je ne pense pas qu'on puisse faire tout ce que j'ai fait depuis le satellite à 125€ jusqu'à Cannes sans un tout petit peu de talent, pas vrai ? ». Vrai !
Il était une fois une jeune femme de 31 ans qui savait jouer au poker. A Cannes, cette jeune femme a vécu la plus belle semaine de sa vie. « Ah non » reprend Julie, amusée. « La plus belle semaine de ma vie, c'était celle de mon mariage, juste avant ma qualification pour Forges ». Ah oui, on vous avait pas dit : Julie est mariée et part très bientôt en voyage de noces aux Caraïbes. « Et devinez quoi ? C'est mon gain du Super Satellite (ndlr : 3000€) qui finance mes vacances. Merci Partouche !!!! ». De rien Julie.

Français